24.04.2007

Apprentie recherchée

Nous cherchons une ou deux apprenties pour assurer le lancement de sympto 2 cet automne et l'etat de Vaud nous a octroyé le droit d'en engager.

 Voilà le  hic: un de ces profs qui est le référent d'une élève, porte plainte contre nous en arguant qu'il est malvenu de demander à une apprentie d'observer son cycle et de ne pas prendre la pilule.

On nous convoque donc à la prefecture à Morges pour nous retirer ce droit: actuellement nous sommes dans une phase d'échange d'écritures entre le département de formation et de jeunesse et nous: je reproduis ma réponse ainsi que celle de notre avocate pour défendre ce droit:

 










Monsieur

Alain Garnier

Dir. gén. de l'enseignement postobl.

Rue St-Martin 24

1014 Lausanne






Morges, le 5 avril 2007






Concerne: retrait d'autorisation de former


Monsieur,


J'accuse réception de votre courrier sus-mentionné et m'empresse de vous transmettre mes remarques. Étant donné que mon avocate, Mme L. Roussianos, est absente jusqu'au 16 avril, je vous prie de bien vouloir m'accorder un délai de quelques jours, jusqu'au 19 avril, pour lui permettre de compléter mon exposé.


Notre fondation souhaite engager deux apprenties pour sept. 2007. Nous avons fait un choix parmi environ 25 dossiers: La première femme que nous souhaitons engager a 17 ans révolus et, de son propre chef, ne souhaite surtout pas prendre la pilule, « jamais » (et pourtant elle se trouve actuellement dans relation stable). Elle commencerait sa première année d'apprentissage chez nous et elle a été interviewée 3 fois: une fois seule avec Mme Ch. Bourgeois, présidente de la Fondation ST, et moi-même, une fois avec son ami et Mme Bourgeois seule et une dernière fois avec son ami et moi seul. La deuxième jeune femme a 18 ans révolus, est dans une relation stable et prend la pilule contraceptive. Le processus de sélection a été analogue. Elle est d'accord de s'observer sous pilule et éventuellement de l'arrêter si elle se sent suffisamment compétente. Elle accomplirait seulement sa 3e année d'apprentissage chez nous, car la place actuelle dans un garage ne lui convient pas.

Le nombre de filles qui s'intéressent à observer leur cycle représente 60 % des jeunes filles interviewées, les autres prennent la pilule contre les boutons, ce qui représente visiblement un marché très lucratif pour l'industrie pharmaceutique. L'article 328 CO est donc pleinement respecté.


Je vous signale que, ancien directeur de Bioself SA, à Thonex, actuellement en liquidation, nous avions des apprenties régulièrement et aux mêmes conditions. (L'indicateur de fertilité Bioself est le précurseur de sympto.ch.)


Par ailleurs, tout entreprise, sans exception, fait valoir sa « philosophie d'entreprise » lors d'un engagement d'une personne. Cette philosophie peut être plus ou moins importante, elle est plus marquée dans un magasin de vêtement pour jeûnes filles par exemple que dans une administration publique. Mais partout, la candidate doit correspondre à un certain profil. Vous ne pouvez pas nous ôter ce droit-là. Jamais. Notre profil est clair: avoir si possible une personne de 18 ans disposée à observer son cycle pendant au moins une année, pas plus. Cette exigence est indispensable pour permettre à la personne de mieux comprendre le travail qui s'y fait et d'apprendre l'approche symptothermique. A titre de comparaison, une jeune fille qui devient apprentie dans une compagnie d'assurance doit apprendre les spécificités de la branche en plus des branches générales qu'elle a à l'école. Or, la spécificité liée à notre Fondation est l'apprentissage de l'approche symptothermique. Une femme n'étant pas disposée de s'observer c'est comme une femme qui, faisant son apprentissage dans un bureau d'assurance, ne veut rien savoir d'un contrat d'assurance. Au sein de la Fondation, il règne le principe de confidentialité absolue sur les données personnelles de chaque cliente. Dans le cas des apprenties, seule une symptothermicienne agrée peut avoir accès aux données et les aider à progresser. Votre point 3 devient ainsi caduc.


Votre point 4:

Dans une lettre à Mme la Conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon du 30 juin 2006, nous avons demandé à être entendu pour clarifier les multiples malentendus face à notre travail et pour faire entendre les attentes que nous avons vis-à-vis de Profa. Cette démarche a débouché sur un entretien avec le Dr. Masserey et Mme E. Sayard de l'ODES, avec le médecin cantonal et, finalement, avec Profa. Je vous joins à la présente le pv que Profa a fait de la situation actuelle ainsi que de la lettre d'accompagnement où il ressort clairement qu'il y a un problème grave au niveau des informations fournies à la population, y compris les jeunes: sous prétexte de prévention contre les grossesses non désirées, l'éducation sexuelle de ce Canton retient des informations cruciales sur le cycle féminin. Cet acte irresponsable empêche les jeunes gens à choisir leur contraception en connaissance de cause, l'alternative symptothermique, mal ou peu connue, ou connue sous des préjugés délirants, étant toujours et encore dénigrée ou passé sous silence. Il existe une grande frange de la population féminine qui, à un moment ou un autre de leur vie, aimerait se passer de la contraception hormonale pour des raisons les plus diverses et opter pour l'approche symptothermique. Les jeunes filles ont aussi droit au chapitre pour connaître leur cycle. Ce postulat est formé par toutes les organisations symptothermiques de par le monde ainsi que par l'éminent sexologue française, la Drsse Catherine Solano, dans son « sexo ado » page 135. Le problème est que cette technique d'observation qui n'a rien de médical, n'est enseignée ni par la santé publique ni dans les écoles ni par les enseignants du DFJ.


Nous nous sommes permis d'interviewer aussi quelques jeunes filles très jeunes, essentiellement pour savoir ce que les services du DFJ leur ont transmis comme connaissance: le bilan est affligeant pour vous. En récompense, ces jeunes filles auront la possibilité de recevoir une consultation gratuite (seule ou avec leur maman) sur leur cycle par une symptothermicienne agréée.


Dans votre phrase qui commence par « hormis les risques de la maladie » vous perpétuez le délire de reprocher à une approche naturelle de ne pas protéger la femme contre les MST, sous entendu que ce problème serait réglé par la contraception hormonale!


Quant à la mauvaise application de l'AST dans le cadre de sympto.ch que nous avons développé pour offrir aux jeunes femmes un accès didactique intéressant à une information élémentaire, le « risque de grossesse non désirée » représente une autre affirmation délirante, prouvant simplement que vous aussi, vous ignorez totalement de quoi nous parlons: sympto.ch, mal utilisé, ne libère pas de jours infertiles: donc la personne est renvoyée sur l'utilisation du préservatif. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur sympto.ch pour comprendre. Monsieur, il ne s'agit pas de « promotion des produits de notre Fondation », mais de diffuser une information élémentaire à laquelle ont droit toutes les hommes et les femmes en âge de procréer. Actuellement, au vu de ces confusions, il y a de l'endoctrinement à grande échelle à l'égard de notre jeunesse. Dans son pv, page 2, du 8 mars, Profa écrit: « le site Planes (www.plan-s.ch) donne un discours sur la liberté de choix, la méthode symptothermique revendique cette liberté, mais elle n'est pas connue. » En vérité, Planes connaît très bien l'approche ST, mais elle n'offre aucune information précise sur le cycle féminin sur son site et des possibilités évidentes qui en découlent. La liberté de choix n'est donc pas assurée par Planes ni par le site ciao.ch édité par Profa .


Quant à Profa, elle a cautionné et distribué en 2003-4 20 000 exemplaires d'une BD (voir annexe) fabriquée par Schering, grand producteur d'hormones contraceptifs, pour endoctriner les jeunes filles à prendre la pilule dès qu'elles ont des rapports et à se désintéresser de l'observation de leur cycle. Vérification faite et contrairement à ce que Profa prétend dans son pv, l'AST n'est absolument pas mentionnée.


Votre point 5:

Il s'agit simplement d'être honnête et de faire en sorte que l'apprentie soit consciente de la matière professionnelle spécifique à apprendre au sein de notre Fondation. L'approche ST est universellement connue depuis une 20e d'années. Je suis choqué de constater que vous parlez de « valider ma théorie » alors qu'il s'agit de diffuser une information scientifique élémentaire qui appartient à tout le monde.


Votre point 6:

Plus l'offre est importante, plus il y a des personnes qui correspondent à un certain profil de travail. Dans une situation de pénurie d'apprenties, nous n'aurions peut-être pas trouvé de candidate appropriée. Nous aurions aussi de grandes difficultés à trouver une employée de commerce plus âgées que 20 ans car l'habitude de la pilule est bien plus enracinée. D'où notre choix porté sur des apprenties en-dessous de 20 ans. C'est en tout cas contraire à notre éthique d'appâter des gens en leur cachant l'essentiel. Nous avons fait un choix parmi les jeunes femmes qui sont mûres et qui sont enchantées de faire ce travail. La phrase « la façon d'envisager une formation dans ce contexte implique une prise de conscience et de responsabilité énormes qui ne sont pas forcément en phase avec la maturité de l'apprenante » est totalement infondée et dépourvue d'argument: l'expression on ne peut plus floue « pas forcément en phase avec la maturité de l'apprenante » dénote de l'arbitraire et de l'absence de vos arguments: En tant que ancien enseignant (6e – 12 classe, Collège et Gymnase), jamais je ne confierai à mes apprenties des tâches qui sont liées à une « responsabilité énorme », expression tout aussi floue et infondée. Merci d'être plus précis sur ce point.


Je comprends parfaitement la réaction de M. Meylan, professeur au Collège de Cossonay. En effet, à cause de la situation d'ignorance dans laquelle il se trouve, il s'est fait du souci pour son élève, ce qui parle tout à fait pour lui.

 

J'aimerais encore préciser notre position par rapport au préservatif, car là aussi existent toute sortes d'idées délirantes parmi les gens même bien instruits:


  • La Fondation constate que le préservatif n'est pas utilisé de manière très responsable et conséquente par les hommes, surtout jeunes, qui ont des rapports avec des partenaires dont ils ne connaissent pas l'état de santé. Par ce fait, elle constate que la politique officielle en la matière est un échec, inavoué certes. La Fondation souhaite que le préservatif puisse aussi être promu par la santé publique et le DFJ pour aider le couple stable à apprendre l'AST et non seulement comme une nécessité en cas d'infidélité ou de rapports à risque. Surtout, il faut dire la vérité sur le préservatif: il n'offre de garantie totale ni pour la contraception ni contre les MST (cela l'éducation sexuelle évite toujours de le dire). Actuellement, dans la publicité faite en faveur du préservatif, ce contraceptif est toujours associé à un style de vie hédoniste. Cette pensée unique est imposée à toute la population. Nous revendiquons une position différente, surtout plus nuancée, dans une société dite pluraliste. Du point de vue psycho-affectif et social, les essayages multiples chez les adolescent-e-s n'ont contribué ni à un meilleur développement de leur personnalité, ni à moins de violence, ni à une sexualité plus épanouie ni à des couples plus stables. Dans le contexte hédoniste omniprésent et tout puissant de notre société actuelle, nous revendiquons aussi une place pour le respect du corps, la fidélité du couple et une certaine abstinence sans pour autant tomber dans un moralisme du genre « il faut attendre jusqu'au mariage ».


Je résume et conclus:


  • L'AST, pourtant vieille de quelques 20 ans sous sa forme actuelle, est toujours une méthode mal connue auprès du corps médical ainsi que des femmes concernées par une contraception naturelle ou par un désir d'enfant.

  • L'AST sert aux adolescentes ou aux femmes sexuellement non actives à connaître leur cycle et à mieux respecter leur corps. Elle les aide à trouver plus de confiance en elles-mêmes et à se faire mieux respecter par les garçons et à pouvoir leur dire non;

  • L'AST peut être une alternative tout à fait intéressante à la contraception hormonale aussi chez les adolescents, sous certaines conditions, énumérées dans le pv de Profa.

  • L'AST sert aussi aux garçons dans leur processus de maturation sexuelle: leur connaissance du cycle féminin peut les amener à plus de respect face aux filles et moins de violence à leur égard.

  • L'approche ST dispose d'études cliniques internationales reconnues (voir site sympto.ch) qui prouvent que la sécurité contraceptive est comparable à celles des meilleurs contraceptifs hormonaux.

  • Le travail de la Fondation ST, à Morges, mérite donc la confiance du public, du corps médical ainsi que du DFJ.

  • Nous exigeons que notre Fondation puisse garder le droit d'avoir deux apprenties.

  • Une communication avec la presse est prévue en collaboration avec Maître L. Roussianos.


Dans l'attente de vos arguments, en restant entièrement à votre disposition pour tout complément d'information que vous auriez pour comprendre notre démarche et en attente de votre décision que je souhaite positive, veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.




Harri Wettstein Dr en psychologie UNIL, MBA-HEC, MA

Secrétaire de la Fondation Symptotherm



 

 

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